29 juin 2022

Un mois après/Adresse à la nation/Jocelerme Privert

Privert fait son bilan et lance la balle dans le camp du Parlement

Guayabera bleue, col blanc, le président provisoire, l’air serein, a commencé par remercier le peuple pour la paix et la stabilité retrouvées au pays. « C’est la preuve de la confiance que vous m’accordez », a déclaré Jocelerme Privert, qui n’évite aucun des sujets brûlants de son court mandat. Le président provisoire s’est félicité du dialogue entamé depuis son arrivée au pouvoir avec les différents secteurs de la vie nationale. Dialogue qui a abouti à la nomination d’un Premier ministre, du nouveau gouvernement et à la refonte du Conseil électoral provisoire. Il ne manque qu’une chose au bonheur du président, un gouvernement ayant la bénédiction du Parlement.
Privert conditionne la reprise du processus électoral et les réponses aux besoins de la population à l’adoption du nouveau gouvernement par le Parlement. « La réalisation de ces objectifs et de ces résultats exige la mise en place du gouvernement et la tenue d’un Conseil des ministres, pour voir la mise en opération du Conseil électoral provisoire aux fins de relancer le processus électoral », a déclaré le chef de l’Etat, qui a lancé un cri d’alarme aux parlementaires qu’il presse d’adopter au plus vite la politique générale du Premier ministre Fritz¬ Alphonse Jean et son gouvernement.
« Je vous invite donc, chers anciens collègues, à partager mes préoccupations concernant la détérioration des conditions de vie de la population. Pour cela, je ne dois avoir pour parti pris que celui de l’intérêt collectif et général », a déclaré le chef de l’Etat, qui envoie la balle dans le camp du pouvoir législatif.
« Je vous demande d’accorder le bénéfice du doute, mieux encore du crédit à tous les membres du nouveau gouvernement de consensus en votant favorablement la déclaration de politique générale du Premier ministre Fritz ¬Alphonse Jean ; car vous garderez de toute façon les prérogatives de contrôler le gouvernement », a-¬t¬-il poursuivi mordicus.
Durant son intervention, Jocelerme Privert s’est attardé sur des sujets concernant entre autres l’insécurité, le fonctionnement du pouvoir judiciaire, les problèmes environnementaux et la détérioration des conditions de vie de la population. Sur la question de l’insécurité, le président a dénoncé des manœuvres de fauteurs de troubles visant à créer une atmosphère d’instabilité dans le pays.
Pour le président provisoire, la relance du processus électoral est l’un des grands objectifs de l’accord du 5 février 2005 qui l’a conduit au pouvoir. « Elle est indispensable pour une sortie définitive de la crise électorale et institutionnelle à laquelle nous faisons face », a¬t¬il dit. M. Privert maintient son projet de réévaluer ce qui a été fait avant la reprise du processus. Relancer le processus électoral après que le Conseil électoral provisoire a évalué les étapes qui ont été traversées jusque¬là, est l’un des points de son mandat.
«Il y a beaucoup de décisions à prendre dans le cadre des négociations avec les autres pays ou agences internationales pour ne pas tomber totalement en faillite. Le pays est malade, il a besoin de soins urgents. Je demande une fois de plus à nos honorables parlementaires de jouer leur partition, a réitéré le président aux parlementaires. Le moment est venu pour nous d’écrire une nouvelle page dans l’histoire de notre pays dans la grandeur et la dignité avec le dépassement nécessaire. Aussi, je fais appel à votre esprit patriotique afin de contribuer à cette grande œuvre qu’est la construction de la démocratie en Haïti », a poursuivi Jocelerme Privert.
Le président provisoire a terminé en s’adressant à la communauté internationale. Il promet de respecter scrupuleusement les termes de l’accord du 5 février. «Aux pays amis d’Haïti, je vous réitère les propos que j’ai toujours eus au regard de l’Accord du 5 février, c’est¬à¬dire mon ferme engagement à le respecter dans tous les aspects qui me concernent directement, a¬-t-¬il martelé. Je ferai tout mon possible pour que les autres acteurs autant concernés que moi participent à l’effort visant à retourner à la normalité constitutionnelle en permettant, dans les temps prévus, de voir l’installation d’un président élu, d’un Parlement complété et, enfin, la mise en place des représentants légitimes des collectivités territoriales».
Source : Lenouvelliste

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