Après la correspondance de la DIRPOD adressée à la présidente du Conseil permanent de l’OEA, c’est à présent le Secteur démocratique et populaire qui écrit au secrétaire d’Etat américain sur la situation chaotique qui prévaut actuellement en Haïti. Cette branche de l’opposition appelle le gouvernement américain à se désolidariser de Jovenel Moïse et de ses projets de référendum et d’organisation des élections cette année.

« Haïti connait une grave crise sans précédent depuis l’avènement de Monsieur Jovenel Moïse à la présidence de la République, dont le mandat a pris fin depuis le 7 février 2021 conformément aux dispositions des articles 134-2 et 134 -3 de la Constitution haïtienne en vigueur. Cette crise qui est d’abord politique prend des proportions multidimensionnelles. Elle sape tous les pans de la société haïtienne », lit-on dans la correspondance du Secteur démocratique adressée au secrétaire d’État américain en date du vendredi 30 avril.

Selon le Secteur démocratique, Jovenel Moïse a instauré dans le pays « un régime antidémocratique et autocratique axé sur la terreur, la criminalité d’Etat pratiquée par ses gangs armés qu’il a lui-même fédérés, la corruption et la violation systématique de la Constitution et des lois de la République ».

Cette branche de l’opposition a souligné à l’attention de Anthony Blinken, les recommandations des 68 parlementaires dans la correspondance adressée au secrétaire d’Etat américain sur la situation d’Haïti et les agissements de Jovenel Moïse. « Ces congresswomen et congressmen américains recommandent à leur gouvernement de promouvoir la protection des droits de l’homme et de l’État de droit, combattre la corruption et l’impunité qui gangrènent le pays, reconsidérer le statut de protection temporaire (TPS) pour des centaines de milliers haïtiens vivant aux Etats-Unis. Ils ont aussi fait un ample plaidoyer pour le respect de la Constitution haïtienne et de la souveraineté nationale », a rappelé le Secteur démocratique.

 « Monsieur le secrétaire d’Etat, le Secteur démocratique et populaire rappelle que selon les dispositions des articles 134-2 et 134-3 de la Constitution, le mandat de Jovenel Moïse est arrivé à échéance le 7 février dernier. Cette fin de mandat de Jovenel Moïse est constatée par toutes les forces vives de la nation dont le pouvoir judiciaire, codépositaire de la souveraineté nationale, la Fédération des barreaux d’Haïti, les Eglises catholique et protestante et même par les trois prestigieuses écoles de droit de l’université américaine : Law School of Harvard, Law School of Yale  University et Law School University of New York », a écrit le Secteur démocratique à Anthony Blinken.

Ces opposants au pouvoir en place affirment qu’ils veulent aller aux élections. Mais, « il y a lieu toutefois de constater que Jovenel Moïse est le principal obstacle à l’organisation des élections dans le pays…Monsieur Jovenel Moïse a multiplié des gangs à travers tout le pays en vue d’intimider voire éliminer ses adversaires politiques compromettant par ainsi tout processus électoral éventuel », ont-ils dénoncé.

Ils ont cité pour accabler le président, l’assassinat, le 28 août 2020 du bâtonnier de l’ordre des Avocat de Port-au-Prince, Me Monferrier Dorval, les massacres de La Saline, Pont-Rouge, Bel-Air, Carrefour-Feuilles et la multiplication des actes de kidnapping. « Que dire des kidnappings réalisés par ces gangs qui fonctionnent sous l’égide et la houlette du pouvoir en place ? Le kidnapping est un acte redoutable qui met la population haïtienne aux abois », a indiqué le Secteur démocratique.

« Monsieur le secrétaire d’État, somme toute, aucune élection n’est possible dans les conditions actuelles, avec Jovenel Moïse au Palais national. Ce fait est reconnu par les congresswomen et congressmen dans leur correspondance du 26 avril dernier », a écrit le Secteur démocratique, rejetant toute possibilité de dialogue avec Jovenel Moïse tout exigeant son départ immédiat du Palais national.

Le Secteur démocratique propose l’installation de « Me Joseph Mécène Jean-Louis, le juge le plus ancien à la Cour de cassation désigné par l’opposition et la Société civile pour conduire la transition devant permettre le retour à l’ordre démocratique par l’organisation des élections libres, honnêtes, démocratiques et transparentes ».

Parallèlement, Jovenel Moïse maintient le cap sur le référendum le 27 juin et l’organisation des élections générales en septembre prochain. Il accuse l’opposition d’instrumentaliser le kidnapping afin de soulever la population contre lui.

Source : https://lenouvelliste.com/article/228840/le-secteur-democratique-ecrit-au-secretaire-detat-americain-et-encorne-jovenel-moise