29 juin 2022

La commission Justice du Sénat multiplie des rencontres pour contrecarrer l’insécurité

La commission permanente Justice, Sécurité et Défense nationale du Sénat s’est entretenue, ce lundi, avec des représentants de l’Association professionnelle des banques(APB), des dirigeants des organisations de droits humains, la Direction centrale de la police judiciaire, ainsi que la direction départementale de la police. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des démarches initiées par la commission sénatoriale en vue d’endiguer le phénomène de l’insécurité qui bat son plein dans le pays et dans la capitale haïtienne en particulier. Conscients que des policiers et des personnes venant de faire des transactions bancaires sont les plus ciblées, les sénateurs de cette commission jugent nécessaire de mener une plaidoirie auprès des autorités compétentes. Rappelant que cette séance de travail fait suite à une première réunion avec le haut commandement de la Police nationale effectuée la semaine écoulée, le président de la commission s’est félicité des récentes opérations menées en ce sens par l’institution policière.
A l’assaut de l’insécurité…
Le sénateur Jean¬Renel Sénatus évoque l’urgence d’aborder le problème des citoyens qui se font quotidiennement attaquer par des malfrats en sortant des banques commerciales. « On sait que beaucoup de gens sont tués parfois pour dix ou quinze mille gourdes qu’ils viennent de retirer d’une banque, se désole¬t¬il. On sait aussi que beaucoup d’employés des banques sont traumatisés, stigmatisés parce qu’ils sont indexés par les clients chaque fois que cela arrive.»
Selon l’ancien commissaire de gouvernement devenu parlementaire, les autorités de l’Etat doivent encadrer tout le monde en vue de marcher vers la justice, l’harmonie et la concorde devant caractériser la société. « C’est pourquoi nous avons invité ce matin l’Association professionnelle des banques afin d’aborder ensemble la problématique de l’insécurité liée à la question des transactions bancaires », explique le sénateur Sénatus, déplorant que les clients fassent la queue à l’extérieur des banques. Il croit que cela est anormal et mérite d’être corrigé.
« Nous avons également abordé avec les dirigeants des banques l’immixtion des individus (clients) dans les banques en possession illégale d’armes à feu sous l’œil passif des agents de sécurité. Parfois, ils sont considérés comme des antennes. Ce sont ces armes qui vont tuer des personnes à leur sortie des banques. Cela n’est pas normal », tranche le président de la commission Justice du Grand corps, arguant qu’il faut apporter une réponse à ces problèmes. Il a plaidé pour un renforcement du système de sécurité dans les institutions bancaires. Le parlementaire recommande que l’entourage des banques soit stérilisé, interdit aux motards et marchands de pap¬padap.
Le sénateur de l’Ouest a également appelé les clients à la prudence. Il s’engage à initier une campagne de sensibilisation à travers la télévision nationale afin de sensibiliser les citoyens à la nécessité de faire une transaction bancaire chez eux. L’élu de LIDE dit en outre espérer que les dirigeants des banques prendront des dispositions afin d’interdire aux clients d’y pénétrer avec des téléphones. « Il doit y avoir un coffret réservé pour déposer les téléphones », estime¬t¬il, indiquant que la commission qu’il dirige s’engage à contraindre les autorités concernées afin d’adopter des mesures drastiques contre l’insécurité.
L’APB consciente, se dit prête à collaborer…
Le président de l’APB, Maxime Charles, souligne l’importance de cette rencontre. « Nous avons débattu beaucoup sur la question de sécurité aux alentours des banques, a¬t¬il confirmé. Nous avons l’habitude de faire ce genre de rencontre avec le ministère de la Justice, la police. Il y a toujours des choses qui ont été dites. Mais l’essentiel aujourd’hui est de les appliquer. »
M. Charles affirme avoir expliqué, apporté des éclairages aux sénateurs sur le problème. « Car, chaque personne a sa compréhension des choses. Je suis très content d’entendre les sénateurs dire qu’ils sont au courant des inquiétudes des employés des banques. Ils sont trop souvent accusés d’être responsables d’un ensemble choses… »
Evoquant la quasi¬inexistence d’un cadre légal de fonctionnement des institutions bancaires dans le pays, il se félicite de la garantie donnée par les membres de la commission de travailler sur des lois en souffrance au Parlement. « Cela nous permettra d’avoir des instruments pour mieux servir le public », insiste Maxime Charles, vantant les efforts de son secteur en termes de service à la clientèle. « Nous avons déjà beaucoup investi dans la question de sécurité, à savoir l’augmentation des succursales des banques. La population augmente. Aujourd’hui, on est à près de deux millions de comptes bancaires. Pour servir tous ces clients, il faut faire appel à des moyens modernes de paiement. Mais l’attitude, l’éducation du public doit être faite. Le public doit savoir qu’il y a différents moyens d’utiliser du cash… »

Source : Le nouvelliste

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.